Spicilège de Mettet
A diverses reprises
le sol de la commune de Mettet a fourni des preuves d'une occupation
ancienne.
On peut signaler la
trouvaille au "fond de Lony" d'une monnaie gauloise en or, portant
le type de l'epsilon accompagné de la lettre V et au revers, un
cheval à la queue presque horizontale surmonté des lettres V.I.R.O.
On a découvert
également les substructions d'une ferme de l'époque romaine mises à
jour à Try-Salet non loin de Somtet, hameau de Mettet.
De plus, il existe
près de l'Estroy un cimetière franc dont on a découvert quelques
tombes en 1889.
On a trouvé en 1907
contre les haies des jardins d'Hardymont divers débris de
maçonneries et de poterie de la période romaine.
Enfin en 1909
creusant les fondations de la nouvelle porte de Mettet on a trouvé
une urne romaine qui fait présumer qu'il doit exister une ou
plusieurs tombes en ce lieu.
En conséquence le
village de Mettet existait déjà dans la période franque précédant la
civilisation et l'occupation romaine.
Cependant la première
mention faite de Mettet remonte à un récit de la première moitié du
Xème siècle: il figure sous la forme de Metting latinisée en Métium
dans la donation de 987 que fit l'empereur OTTON III à l'abbaye de
Brogne.
L'existence attestée
par cet acte d'une église et d'une ferme avec moulin, brasserie
etc.… dans la dite localité reporte son établissement à une date
antérieure; mais aucun document ne nous renseigne sur ce qui s'y est
passé avant le Xème siècle et ne permet de rattacher le domaine du
moyen-âge à celui de l'époque belgo-romaine.
L'éminent archéologue
Monsieur le Chanoine Roland croit même que le village de Mettet
pourrait bien n'avoir été fondé qu'à l'époque franque car sa
dénomination trahit, semble-t-il une origine germanique.
Sa forme la plus
ancienne est "Metting", elle se rencontre dans le récit de la
translation des reliques de Saint Eugène à l'abbaye de Saint Gérard,
récit composé entre 935 et 937.
Elle reparaît plus
tard sous les variantes "Metigne" (1221) et "Meting" (1247-1300
etc.).
Elle est latinisée en
"Metinum" en 987 et réduite à Metin dès 1155.
La dénasalisation du
suffixe in issu de ing a produit en Wallonie la désinence ,è ,
écrite et, ey , eit, Metet (1442) et enfin, Mettet quoique la
prononciation locale conserve Metet (M'tet).
Mettet commune du
canton de Fosses et de l'arrondissement de Namur faisait autrefois
partie du pays de Liège.
Elle compte plusieurs
dépendances: Cocriamont, Corroy, Devant-les-bois, Saint Donat,
Estroy, Fontarcienne, Hardymont (1533), Pont au Ry, Le Raboz, Scry,
Somtet, Thozée (cette dernière dépendance déjà citée dans un acte
fait à Brogne en 1161 "in villa Toscias"), ainsi qu'un très grand
nombre de lieux dits parmi lesquels nous nous bornerons à citer:
Bauselenne Montigny, Thy Sallet, le Ronchis, les Murias, les Prés
aux Rieux, Grand Champs, les Villers, le Chession etc.
A la sollicitation de
l'évêque de Liège, Notger et de l'abbé Heribert, L'empereur OTTON
III accorda en 987 à la commune de Brogne, l'église et la cour de
Mettet avec toutes ses dépendances "Ecelesiam cum eurte sua que
dicitur Metinum ad prédictum Bronieux locum (serfs des deux sexes)
familia utriusque sexus", culture, moulin, brasserie, dîme de toute
la paroisse, acquisition d'aumônes etc.
En l'an 1221, le pape
Honorius prit sous sa protection le monastère de Brogne, ses
habitants et ses propriétés tout en lui confirmant l'acquisition de
l'église de Mettet.
La déclaration des
religieux sous la date du 29 avril 1787 mentionne parmi les biens et
revenus du monastère à cette époque les suivants: donation de
l'évêque de Liège, Rodolphe en 1169, confirmée par l'empereur "La
cense d'Al Cour à Mettet, pays de Lège avec droit de patronat et
dîme de Coroy les Florennes".
Le terrain de Mettet
est très varié. La surface offre successivement des plaines unies ou
inclinées et des coteaux escarpés.
La terre végétale
repose sur la roche calcaire ou sur le schiste, on y récoltait
principalement au commencement du XIXème siècle, de l'épeautre et de
l'avoine, un peu de seigle, du froment d'orge, des pommes de terre,
des carottes et des betteraves, des fourrages pour la consommation,
des fruits etc.
Les propriétés
boisées comprenaient environ le quart de la superficie. Les bois se
composaient de chênes, de hêtres, des bouleaux, d'ormes et de
coudriers.
De nos jours on y
voit principalement des futaies de chênes sur taillis.
On y élevait des
chevaux propres au service de l'artillerie, des bêtes à cornes,
porcs et moutons.
Les anciens documents
concernant la localité permettent de constater qu'il y eut toujours
beaucoup de chevaux à Mettet et qu'on les laissait pâturer dans les
bois.
A ce sujet de droit
de pâturage il est relaté un procès en 1285 entre le prieuré
d'Oignies et les habitants de Biesme la Colonoise et Mettet.
Un jugement de Jean,
Evêque de Liège du 2 mars 1285 débouta ces habitants de leur demande
et leur défendit de faire pâturer leurs bêtes dans le bois "del
fielle", appartenant au prieuré d'Oignies.
Ces usages de faire
pâturer les bêtes remontent à la plus haute antiquité car les
Gaulois entretenaient d'immenses troupeaux de porcs qu'il laissaient
vaguer en pleine liberté dans les forêts et les pacages.
Pour les rassembler
on se servait du son du cor.
Chaque canton avait
ses "communs" ou "parcours" pour le pâturage du bétail et il y avait
peine de mort contre ceux qui auraient défriché quelque portion.
L'existence des
grands enclos rencontrés dans la villa romaine de Bauseleme (Mettet)
prouve que l'élevage des chevaux et des bêtes à cornes y était fort
pratiqué au IIIème siècle: le développement de cette branche de
l'industrie rurale s'explique par l'existence dans les environs de
nombreux terrains humides "gaux" et "galettes" propres à la
production de pâturages.
Depuis longtemps les
habitants de Mettet s'occupaient également de l'exploitation des
terres plastiques et de l'extraction du minerai de fer, un dépôt de
minerai de fer jaune découvert au sud du village à l'époque de notre
union avec la Hollande fut concédé en 1827 à Messieurs de Cartier,
de Beaufort et Cockerill et fit l'objet de plusieurs exploitations
dans les bois de la Follée les Aises, le petit bois l'Evêque etc… Ce
dépôt conservait des traces d'une exploitation antérieure.
Tout le sud du
village, le bois l'Evêque, le bois du Prince, Corroy et ses environs
sont remplis de scories de fer provenant d'anciennes forges.
Le village contigu,
Oret, était construit en partie sur un dépôt de scories de 5 mètres
d'épaisseur qui furent enlevées en 1871 pour en extraire le fer que
les procédés imparfaits de nos anciens métallurgistes n'avaient pu
retirer.
Il existe aussi des
sillons dans les bois et les terres du nord de la commune.
Les villas belgo
romaines montrent toutes des traces du travail du fer dont
l'exploitation à Mettet et dans les environs n'a probablement jamais
cessé d'une façon absolue depuis l'antiquité jusqu'à nos jours.
Les archives locales
et plusieurs lieux-dits nous ont conservé le souvenir de travaux
sidérurgiques autrefois en activité par exemple "les minières de
Bambois" (1577), la "minière Thomas" à la "minière Massart" (1561),
"Au chemin des minières", "Feronchamps" (1587), "Bois du fourneau",
"Pré al forge" etc.
Il est probable que
c'est à la présence de mines de fer dans l'entre-Sambre et Meuse que
l'on doit la richesse des comtes de Namur qui se manifesta par les
belles séries monétaires de certains d'entre eux comme Guillaume le
Riche (1337-1391), Guillaume II (1391-1418) à une époque ou des
voisins beaucoup plus puissants ne possédaient pas tous un numéraire
aussi abondant et d'aussi grande valeur.
L'exploitation de ces
mines remonte aux époques les plus reculées car on y a rencontré des
incrustations de fer hydraté sur des fragments de bois ou de fer
abandonnés par les mineurs qui travaillèrent dans les temps anciens.
Arrosé par de
puissantes sources, le territoire comptait alors soit des cours
d'eaux et probablement des viviers étendus qui procuraient aux
habitants de précieuses ressources en poisson: Câtons le vivier,
"des belles cives" (1442), "vivier Damanet" (1545), "vivier
Dalmagnes" (1560), "le petit vivier d'Hardimont".
Bien qu'ayant
toujours été voisins d'établissements industriels, il est prouvé que
les habitants de Mettet n'ont pas cessé de tirer leurs principales
ressources de l'agriculture et leurs occupations sont restées
sensiblement les mêmes qu'à l'époque belgo-romaine.
On peut retrouver des
traces d'occupation de Mettet depuis le 1er siècle après Jésus
Christ.
Toutes les guerres
entre les Francs et les Romains ne semblent pas avoir intéressé la
région de l'Entre-Sambre et Meuse protégée par la forêt charbonnière
et ce n'est guère qu'en 337 après Jésus Christ, que les Francs
prirent définitivement pied chez nous.
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