Pontaury

La première apparition écrite du lieu-dit "Pontaury" se situe aux environs de l'an 1539, où l'on parle d'un lieu situé dans "Le bois du Prince", comme "Tienne des Renards". L'évolution dans le temps de l'orthographe est très curieux.

1539 PONT AUX  RIEUX

A certaines époques, les graphies semblent nous dire qu'il y eut plusieurs ruisseaux (rieux).

Au cours des recherches dans les définitions de l'ancien français usité jusqu'au milieu du XIVème siècle, on pourrait penser que:

"PONT", qui pouvait annoncer "un plan incliné pour monter".

"RIEU, RI", ruisseau.

"RIES", pâturage ou terre cultivée (dialecte: 1251).

"FRECHE", qui aurait donné "frêcheaux" terre gorgée d'eau.

Voir les sources naturelles du "Grand Hameau".

A partir de ceci :

"PONT AU RIEUX", n'était-il pas le plan incliné duquel s'écoulaient de nombreux petits ruisseaux.

"PONT AU RIES", le plan incliné des pâturages ou des frêcheaux.

 

 

1544 PONT AU RIEU
1546 PONT À RIEU
1552 PONT À RIEUX
1566 PONT AU RIES
1574 PONT AU RIS
1578 PONT AU RY
1615 PONTAURIEU
1616 PONTAURIS
1618 PONTAURI
1625 PONT AUX RIX
1630 PONTAURIX
1634 PONTAURY
1794 PONTHAURY
1797 PONTAURY

 


Mettet   

ETYMOLOGIE du nom de Mettet depuis : 935

0935 METTING 1534 METING

Dans une étude très ancienne, M le Chanoine Roland, étymologiste érudit, croit même que le village de Mettet pourrait bien n'avoir été fondé qu'à l'époque franque (officiellement), car sa dénomination trahit une origine germanique, semble-t-il.

Ne rapproche-t-il pas "Mettet" de "Mettingen", nom d'au moins trois localités germaniques.

Il ne prétend pas que les suffixes "ing" et "ingen" sont identiques, mais il a acquis la conviction que les suffixes "ing" et ses congénères "eng - enc - ang" employés dans la toponymie de nos régions sont d'origine germanique.

 
0937 METTING 1558 METTING
0987 METINUM 1540 METTEIT
1155 METIN & MELTENS 1561 METTING
1182 METIGNE 1567 METTET
1221 METIGNE 1570 METTEIT
1247 METING & METTING 1590 METTEZ
1285 METINGE 1610 METTET
1289 METINS 1614 METEIT & METTEIT
1388 METINGE & METINGNE 1620 METHEIT & METNET
1431 MELTINUM 1664 METTÈ
1436 MELTIN 1696 METTET
1442 METET 1999 METTET
1533 METEIT  

Spicilège de Mettet

A diverses reprises le sol de la commune de Mettet a fourni des preuves d'une occupation ancienne.

On peut signaler la trouvaille au "fond de Lony" d'une monnaie gauloise en or, portant le type de l'epsilon accompagné de la lettre V et au revers, un cheval à la queue presque horizontale surmonté des lettres V.I.R.O.

On a découvert également les substructions d'une ferme de l'époque romaine mises à jour à Try-Salet non loin de Somtet, hameau de Mettet.

De plus, il existe près de l'Estroy un cimetière franc dont on a découvert quelques tombes en 1889.

On a trouvé en 1907 contre les haies des jardins d'Hardymont divers débris de maçonneries et de poterie de la période romaine.

Enfin en 1909 creusant les fondations de la nouvelle porte de Mettet on a trouvé une urne romaine qui fait présumer qu'il doit exister une ou plusieurs tombes en ce lieu.

En conséquence le village de Mettet existait déjà dans la période franque précédant la civilisation et l'occupation romaine.

Cependant la première mention faite de Mettet remonte à un récit de la première moitié du Xème siècle: il figure sous la forme de Metting latinisée en Métium dans la donation de 987 que fit l'empereur OTTON III à l'abbaye de Brogne.

L'existence attestée par cet acte d'une église et d'une ferme avec moulin, brasserie etc.… dans la dite localité reporte son établissement à une date antérieure; mais aucun document ne nous renseigne sur ce qui s'y est passé avant le Xème siècle et ne permet de rattacher le domaine du moyen-âge à celui de l'époque belgo-romaine.

L'éminent archéologue Monsieur le Chanoine Roland croit même que le village de Mettet pourrait bien n'avoir été fondé qu'à l'époque franque car sa dénomination trahit, semble-t-il une origine germanique.

Sa forme la plus ancienne est "Metting", elle se rencontre dans le récit de la translation des reliques de Saint Eugène à l'abbaye de Saint Gérard, récit composé entre 935 et 937.

Elle reparaît plus tard sous les variantes "Metigne" (1221) et "Meting" (1247-1300 etc.).

Elle est latinisée en "Metinum" en 987 et réduite à Metin dès 1155.

La dénasalisation du suffixe in issu de ing a produit en Wallonie la désinence ,è , écrite et, ey , eit, Metet (1442) et enfin, Mettet quoique la prononciation locale conserve Metet (M'tet).

Mettet commune du canton de Fosses et de l'arrondissement de Namur faisait autrefois partie du pays de Liège.

Elle compte plusieurs dépendances: Cocriamont, Corroy, Devant-les-bois, Saint Donat, Estroy, Fontarcienne, Hardymont (1533), Pont au Ry, Le Raboz, Scry, Somtet, Thozée (cette dernière dépendance déjà citée dans un acte fait à Brogne en 1161 "in villa Toscias"), ainsi qu'un très grand nombre de lieux dits parmi lesquels nous nous bornerons à citer: Bauselenne Montigny, Thy Sallet, le Ronchis, les Murias, les Prés aux Rieux, Grand Champs, les Villers, le Chession etc.

A la sollicitation de l'évêque de Liège, Notger et de l'abbé Heribert, L'empereur OTTON III accorda en 987 à la commune de Brogne, l'église et la cour de Mettet avec toutes ses dépendances "Ecelesiam cum eurte sua que dicitur Metinum ad prédictum Bronieux locum (serfs des deux sexes) familia utriusque sexus", culture, moulin, brasserie, dîme de toute la paroisse, acquisition d'aumônes etc.

En l'an 1221, le pape Honorius prit sous sa protection le monastère de Brogne, ses habitants et ses propriétés tout en lui confirmant l'acquisition de l'église de Mettet.

La déclaration des religieux sous la date du 29 avril 1787 mentionne parmi les biens et revenus du monastère à cette époque les suivants: donation de l'évêque de Liège, Rodolphe en 1169, confirmée par l'empereur "La cense d'Al Cour à Mettet, pays de Lège avec droit de patronat et dîme de Coroy les Florennes".

Le terrain de Mettet est très varié. La surface offre successivement des plaines unies ou inclinées et des coteaux escarpés.

La terre végétale repose sur la roche calcaire ou sur le schiste, on y récoltait principalement au commencement du XIXème siècle, de l'épeautre et de l'avoine, un peu de seigle, du froment d'orge, des pommes de terre, des carottes et des betteraves, des fourrages pour la consommation, des fruits etc.

Les propriétés boisées comprenaient environ le quart de la superficie. Les bois se composaient de chênes, de hêtres, des bouleaux, d'ormes et de coudriers.

De nos jours on y voit principalement des futaies de chênes sur taillis.

On y élevait des chevaux propres au service de l'artillerie, des bêtes à cornes, porcs et moutons.

Les anciens documents concernant la localité permettent de constater qu'il y eut toujours beaucoup de chevaux à Mettet et qu'on les laissait pâturer dans les bois.

A ce sujet de droit de pâturage il est relaté un procès en 1285 entre le prieuré d'Oignies et les habitants de Biesme la Colonoise et Mettet.

Un jugement de Jean, Evêque de Liège du 2 mars 1285 débouta ces habitants de leur demande et leur défendit de faire pâturer leurs bêtes dans le bois "del fielle", appartenant au prieuré d'Oignies.

Ces usages de faire pâturer les bêtes remontent à la plus haute antiquité car les Gaulois entretenaient d'immenses troupeaux de porcs qu'il laissaient vaguer en pleine liberté dans les forêts et les pacages.

Pour les rassembler on se servait du son du cor.

Chaque canton avait ses "communs" ou "parcours" pour le pâturage du bétail et il y avait peine de mort contre ceux qui auraient défriché quelque portion.

L'existence des grands enclos rencontrés dans la villa romaine de Bauseleme (Mettet) prouve que l'élevage des chevaux et des bêtes à cornes y était fort pratiqué au IIIème siècle: le développement de cette branche de l'industrie rurale s'explique par l'existence dans les environs de nombreux terrains humides "gaux" et "galettes" propres à la production de pâturages.

Depuis longtemps les habitants de Mettet s'occupaient également de l'exploitation des terres plastiques et de l'extraction du minerai de fer, un dépôt de minerai de fer jaune découvert au sud du village à l'époque de notre union avec la Hollande fut concédé en 1827 à Messieurs de Cartier, de Beaufort et Cockerill et fit l'objet de plusieurs exploitations dans les bois de la Follée les Aises, le petit bois l'Evêque etc… Ce dépôt conservait des traces d'une exploitation antérieure.

Tout le sud du village, le bois l'Evêque, le bois du Prince, Corroy et ses environs sont remplis de scories de fer provenant d'anciennes forges.

Le village contigu, Oret, était construit en partie sur un dépôt de scories de 5 mètres d'épaisseur qui furent enlevées en 1871 pour en extraire le fer que les procédés imparfaits de nos anciens métallurgistes n'avaient pu retirer.

Il existe aussi des sillons dans les bois et les terres du nord de la commune.

Les villas belgo romaines montrent toutes des traces du travail du fer dont l'exploitation à Mettet et dans les environs n'a probablement jamais cessé d'une façon absolue depuis l'antiquité jusqu'à nos jours.

Les archives locales et plusieurs lieux-dits nous ont conservé le souvenir de travaux sidérurgiques autrefois en activité par exemple "les minières de Bambois" (1577), la "minière Thomas" à la "minière Massart" (1561), "Au chemin des minières", "Feronchamps" (1587), "Bois du fourneau", "Pré al forge" etc.

Il est probable que c'est à la présence de mines de fer dans l'entre-Sambre et Meuse que l'on doit la richesse des comtes de Namur qui se manifesta par les belles séries monétaires de certains d'entre eux comme Guillaume le Riche (1337-1391), Guillaume II (1391-1418) à une époque ou des voisins beaucoup plus puissants ne possédaient pas tous un numéraire aussi abondant et d'aussi grande valeur.

L'exploitation de ces mines remonte aux époques les plus reculées car on y a rencontré des incrustations de fer hydraté sur des fragments de bois ou de fer abandonnés par les mineurs qui travaillèrent dans les temps anciens.

Arrosé par de puissantes sources, le territoire comptait alors soit des cours d'eaux et probablement des viviers étendus qui procuraient aux habitants de précieuses ressources en poisson: Câtons le vivier, "des belles cives" (1442), "vivier Damanet" (1545), "vivier Dalmagnes" (1560), "le petit vivier d'Hardimont".

Bien qu'ayant toujours été voisins d'établissements industriels, il est prouvé que les habitants de Mettet n'ont pas cessé de tirer leurs principales ressources de l'agriculture et leurs occupations sont restées sensiblement les mêmes qu'à l'époque belgo-romaine.

On peut retrouver des traces d'occupation de Mettet depuis le 1er siècle après Jésus Christ.

Toutes les guerres entre les Francs et les Romains ne semblent pas avoir intéressé la région de l'Entre-Sambre et Meuse protégée par la forêt charbonnière et ce n'est guère qu'en 337 après Jésus Christ, que les Francs prirent définitivement pied chez nous.

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